Raisonnements
Objectifs
En mathématiques, lorsqu'on est confronté à une question ou à un problème, le premier travail à faire est de déterminer la nature de ce travail.
S'agit-il de:
- Prouver un implication ?
- Prouver une équivalence ?
- Déterminer l'existence d'un objet répondant à des conditions ?
- Démontrer qu'une proposition est vraie pour tout élément
dans un ensemble
, ou pour certains seulement ?
Ce cours est consacré au langage et au raisonnement en
mathématiques. Son objectif
essentiel est de donner tout son sens à une proposition écrite
avec des symboles mathématiques et d'apprendre à les utiliser avec
précision (et non comme des abréviations).
Dans cette partie, nous définissons une proposition, sa négation, les connecteurs, les quantificateurs et donnons diverses propriétés.
Contenu.
Un raisonnement mathématique est un processus permettant d'établir, à partir de propositions vraies,
de nouvelles propositions, de nouveaux résultats en utilisant des principes logiques.
Dans cette partie, nous étudions différents types de raisonnement.
Contenu.
Outils de base
Expressions mathématiques
Le langage mathématique est formé d'expressions mathématiques, qui sont des
assemblages de signes qui obéissent à certaines règles.
L'assemblage «
» n'est pas une expression mathématique,
car le signe
est un signe qui ne s'utilise qu'entre deux éléments (par exemple deux réels). Par contre,
«
», ou «
», ou « si
, alors
» sont des expressions mathématiques.
Définition. On classe les expressions mathématiques en deux grandes catégories.
- les expressions qui servent à désigner des objets mathématiques;
nous les appellerons des termes ;
- les expressions qui sont des affirmations de faits concernant des objets mathématiques;
nous les appellerons des propositions ou assertions
Définition.
On dit que deux expressions mathématiques sont
synonymes si
- ou bien ce sont deux termes et ces deux termes désignent le même objet
quelles que soient les circonstances;
- ou bien ce sont deux propositions et ces deux propositions sont en
même temps vraies et en même temps fausses, quelles que soient les circonstances.
Dans le cas des propositions, on dit souvent équivalentes au lieu de synonymes.
Des exemples sont à la page suivante.
Exemples d'expressions mathématiques
Considérons les expressions suivantes. Ce sont toutes des expressions mathématiques au sens donné
ici
, et dans chacune d'elles la variable
désigne un nombre réel.
-
-
-
ou
-
-
ou
- pour tout réel
, si
alors
ou
Les expressions 1 et 4 sont des termes (qui désignent ici des ensembles),
les expressions 2, 3 , 5 et 6 sont des propositions.
Les deux termes 1 et 4 sont synonymes car ils désignent exactement le même objet.
Les propositions 2, 3 et 5 sont équivalentes, elles sont vraies exactement
pour les mêmes valeurs (1 et -1) substituées à la variable
, et fausses pour les autres.
La proposition 6 est une proposition vraie, nous y reviendrons plus loin.
Ces exemples nous montrent que dans la constitution d'expressions mathématiques,
termes et propositions peuvent être imbriqués : pour constituer le terme
,
on a utilisé la proposition
.
Assertions
Définition. Une assertion, appelée encore proposition,
est un énoncé dont on peut dire, avec certitude, s'il est vrai ou faux (sa valeur de vérité).
En particulier tous les termes qui la composent doivent être soigneusement définis pour qu'il n'y ait pas d'ambiguité
et que l'assertion soit "complète".
Exemples.
- Il est jaune n'est pas une assertion : je ne pourrai jamais décider si "il" est jaune ou pas, tant que je ne sais pas de quoi il s'agit.
- Le stylo de Marianne est noir est une assertion (du moins s'il n'y a qu'une seule Marianne et qu'elle n'a qu'un seul stylo).
-
est plus grand que
n'est pas une assertion. Elle est incomplète puisque x et y ne sont pas connus
- Monsieur Martin est un homme brun ou Tous les hommes sont bruns sont des assertions.
-
n'est pas une assertion complète. De quels
s'agit-il ?
- Tous les entiers naturels vérifient
est une assertion (fausse mais une assertion quand même !)
-
n'est pas une assertion. Sa valeur de vérité n'est pas fixe..
-
n'est pas une assertion, mais soit
en est une...
- Tout entier pair supérieur à 3 est la somme de deux nombres premiers. Là, on n'en sait rien encore... Conjecture de Goldbach !!
Cependant, tous les exemples qui précèdent et qui sont pris dans le langage courant peuvent être sujets à caution, comme on le verra dans certains exemples qui suivent.
Ils servent ici à faire le passage avec les mathématiques.
Par ailleurs, en mathématiques, on fait souvent ce qu'on appelle des abus de langage.
Une différence entre le langage courant et les mathématiques est la suivante : tout ce qui n'est pas "vrai" (au sens de la logique) ne doit pas
être utilisé dans un raisonnement. Il n'y a donc pas de sous-entendu comme on le fait fréquemment dans la vie courante.
Par exemple, l'affirmationLes filles de ce cours sont excellentes ne dit, ni ne prétend rien sur le niveau des garçons, comparativement.
Le français peut faire, là, d'autres suppositions !!..
Exercice.
Assertion complète ou incomplète
Connecteurs : NON, ET et OU
Les connecteurs permettent de composer de nouvelles assertions.
La valeur de vérité de l'assertion obtenue s'exprime, à l'aide d'une table de vérité,
en fonction des valeurs de vérité de celles qui la constituent. On définit dans cette page les connecteurs NON, ET et OU.
Définitions.
Soient
et
des assertions.
Les assertions
NON
(ou
négation de
),
ET
(
conjonction de
et
, noté aussi
) et
OU
(
disjonction de
et
, noté aussi
) ont pour tables de vérité :
|
|
|
NON
|
ET
|
OU
|
| V |
V |
F |
V |
V |
| V |
F |
F |
F |
V |
| F |
V |
V |
F |
V |
| F |
F |
V |
F |
F |
Remarques.
- (NON
) est vraie si
est fausse, et fausse si
est vraie.
- A l'aide d'une table de vérité, on montre : NON (NON
) est équivalente à
. Les deux propositions ont la même valeur de vérité.
- La logique classique respecte la règle du tiers exclu : Une assertion
est soit vraie, soit fausse.
- L'assertion
ET
est vraie si et seulement si les deux assertions
et
sont vraies.
- L'assertion
OU
est fausse si et seulement si les deux assertions
et
sont fausses.
Exemples.
- La négation de «
» est : «
».
- La proposition «10 est divisible par 3, ou 10 est pair » est vraie car l'une des deux propositions qui la compose est vraie.
- La proposition «
est divisible par
, et
est pair» n'est vraie que si les deux propositions sont simultanément vraies, c'est-à-dire lorsque
est un multiple de
.
- La proposition «
est divisible par
, ou
est pair» n'est fausse que lorsque l'une et l'autre des deux propositions sont fausses, c'est-à-dire lorsque
est un nombre impair non multiple de
.
Exercices.
Déterminer la table de vérité d'une proposition.
-
Deux propositions avec NON, ET, OU
-
Trois propositions avec ET, OU
Reconnaître la table de vérité d'une proposition.
-
Deux propositions avec NON, ET, OU
-
Trois propositions avec ET, OU
Connecteurs
Définition.
Soient
et
des assertions.
L'assertion
(qui se lit
implique
) a la table de vérité suivante.
|
|
|
|
| V |
V |
V |
| V |
F |
F |
| F |
V |
V |
| F |
F |
V |
Remarque. Soit
une proposition fausse, alors, quelle que soit la valeur de vérité de la proposition
(vraie ou fausse),
l'implication
est vraie...
Propriété. L'assertion
est équivalente à l'assertion (NON
) OU
.
Preuve. Il suffit de comparer les tables de vérité des deux assertions.
Définition.
L'assertion
(qui se lit
est équivalente à
) est
l'assertion [
) ET (
)]
L'assertion "
est équivalent à
" est vraie si et seulement
si les deux assertions sont soit simultanément vraies, soit simultanément fausses.
Exercices. Déterminer la table de vérité d'une proposition.
-
Implication et négation de propositions
-
Trois propositions avec implication, ET, OU
Reconnaître la table de vérité d'une proposition.
-
Implication et négation de propositions
-
Trois propositions avec implication, ET, OU
Négation d'une assertion utilisant un connecteur
Propriétés. Soient
et
des assertions.
- La négation de l'assertion
ET
] est l'assertion : [(NON
) OU (NON
)]
- La négation de l'assertion
OU
] est l'assertion : [(NON
) ET (NON
)]
- La négation de l'assertion
] est l'assertion :
ET (NON
)] .
Ces propriétés se démontrent à l'aide de tables de vérité.
Exemple 1. Dans la table ci-dessous, on lit, dans les trois colonnes de gauche, les valeurs de
,
et [
ET
] et, dans les trois de droite, celles de [NON
],
[NON
] et [NON
OU NON
].
En considérant les deux colonnes du milieu, on constate que [NON
OU NON
] est bien la négation de
[
ET
].
|
|
|
et
|
NON
OU NON
|
NON
|
NON
|
| V |
V |
V |
F |
F |
F |
| V |
F |
F |
V |
F |
V |
| F |
V |
F |
V |
V |
F |
| F |
F |
F |
V |
V |
V |
On en déduit facilement que la négation de [
OU
] est [NON
ET NON
].
Exemple 2. Dans la table ci-dessous,
on démontre que [
ET NON
] est la négation de [
] qui est définie comme [NON
OU
].
|
|
|
NON
|
NON
|
|
ET NON
|
| V |
V |
F |
F |
V |
F |
| V |
F |
F |
V |
F |
V |
| F |
V |
V |
F |
V |
F |
| F |
F |
V |
V |
V |
F |
On notera que la négation d'une implication n'est pas une implication !
Exemples.
- La négation de l'assertion
ET
est l'assertion
OU
.
- La négation de l'assertion (
est pair)
(
est divisible par
) est l'assertion (
est pair) ET (
n'est pas divisible par
).
Exercices. Soient
,
et
des assertions.
Donner la négation des assertions suivantes :
-
OU
OU
(NON ) ET (NON ) ET (NON )
-
ET ET
Condition nécessaire, condition suffisante
Définitions.
Soient
et
des assertions.
- Si
, on dit que
-
est une condition suffisante de
-
est une condition nécessaire de
- Si
, on dit que
est une condition nécessaire et suffisante de
(et réciproquement).
Remarque: Les cinq énoncés suivants ont la même signification.
-
- Pour que
soit vraie, il faut que
soit vraie.
- Pour que
soit vraie, il suffit que
soit vraie.
-
est une condition nécessaire pour avoir
.
-
est une condition suffisante pour avoir
.
Exercice.
Condition nécessaire ou condition suffisante
.
Quantificateurs
Notations.
Les mathématiques utilisent deux quantificateurs :
-
"quel que soit..." ou "pour tout..." noté :
-
"il existe (au moins) un..." noté
.
Avec sa variante "il existe un unique..." notée
Exemples.
Soit
} :
- La proposition : «
» est vraie
- La proposition : «
,
est pair » est fausse.
- La proposition : «
,
est un multiple de 5 » est vraie.
Définitions.
Soit
un ensemble et
une expression dépendant d'une variable
.
- L'assertion
], signifie que la propositon
est vraie pour toutes les valeurs de
dans
.
- L'assertion
], signifie que la propositon
est vraie pour au moins une valeur de
dans
.
Exercices.
-
Un quantificateur 1
-
Un quantificateur 2
-
Un quantificateur et une négation
-
Un quantificateur et un connecteur
Négation d'une assertion utilisant des quantificateurs
Propriétés.
Soit
un ensemble et
une expression dépendant d'un variable
- La négation de l'assertion
] est l'assertion
].
- La négation de l'assertion
] est l'assertion
].
Règle pratique : Si, dans une proposition figurent
des quantificateurs et une proposition
, alors dans la négation de cette proposition, le
quantificateur
, (resp.
)
se transforme en
(resp.
) , et la proposition
devient (NON
)
Exemple 1.
La négation de
est multiple de 4 » est
n'est pas multiple de 4 ».
Exemple 2.
La négation de
est
» .
Exemple 3. Écrire à l'aide de quantificateurs les phrases suivantes
(avec des variables prenant leurs valeurs dans l'ensemble
des guichets et dans l'ensemble
des jours)
: tous les guichets sont fermés certains jours.
: certains jours tous les guichets sont fermés.
Puis écrire leur négation en langage courant et avec des quantificateurs.
Solution
(
) : Tous les guichets sont fermés certains jours.
,
est fermé le jour
(
) : Certains jours tous les guichets sont fermés.
est fermé le jour
(non
) : Certains guichets sont ouverts tous les jours.
est ouvert le jour
(non
) : Tous les jours, un guichet (au moins) est ouvert.
est ouvert le jour
Vous pouvez remarquer que c'est plutôt plus simple mathématiquement :
- on remplace
par
,
- on remplace
par
- et
on remplace l'assertion g est fermé
par sa négation qui est ici l'assertion g est
ouvert
Exercices.
- Le langage courant utilise souvent des quantificateurs.
Essayer de les détecter et donner la négation des assertions qui les utilisent dans l'exercice suivant :
Négation de propositions dans le langage courant
-
Un quantificateur 1
-
Un quantificateur 2
-
Un quantificateur et un connecteur
-
Un quantificateur et une implication
-
Négation de proposition avec deux quantificateurs
Raisonnements
Raisonnement par équivalence
Première méthode pour prouver une équivalence :
En s'appuyant sur la
définition de l'équivalence de deux propositions
, on énonce la règle suivante.
Règle 2. Pour démontrer qu'une proposition
est vraie, on peut établir que
est équivalente à une autre proposition
, connue comme vraie.
Plus généralement, pour démontrer que
, on peut aussi établir ainsi une suite d'équivalence entre la première propriété
et la propriété
,
On aura ainsi :
On utilise souvent cette règle pour :
- La résolution d'une équation, d'une inéquation.
- De façon générale pour la détermination de l'ensemble des éléments vérifiant une propriété.
Remarque : Il convient d'être très prudent dans l'établissement des équivalences successives.
Exemple d'erreur :
On veut résoudre dans
, l'équation :
. Pour que cette équation ait un sens,
doit vérifier :
et
.
On verra plus loin, que si cette équation a des solutions, l'une des inégalités est automatiquement vérifiée.
"Solution fausse" : "On élève au carré les deux membres", on obtient l'équation du second degré
, que l'on résout, ce qui conduit à deux solutions -5 et 1.
Si l'on vérifie dans l'équation, on voit que -5 ne convient pas... Que s'est-il passé ?
Réponse : on n'a pas raisonné par équivalence !!
La bonne solution impose de formuler le problème avec l'équivalence suivante,
en n'oubliant pas les deux conditions :
La deuxième condition
est inutile, car comme
est égal à un carré (première ligne), elle est satisfaite.
Et on résout le système, sans oublier l'inéquation, ce qui conduit alors au résultat correct : L'équation n'a qu'une seule solution qui vaut 1.
Raisonnement par équivalence en deux temps.
Deuxième méthode pour prouver une équivalence :Règle : On démontre la proposition
en prouvant successivement les deux implications
et
.
Exemple 1. Soit
un nombre complexe. Montrons qu'il est réel si et seulement s'il est égal à son conjugué.
Sens direct : Si
est un nombre complexe, il existe
et
réels tels que
. Son conjugué est
.
Si
est réel, sa partie imaginaire est nulle et donc
. Ainsi
et
. L'égalité
est démontrée.
Réciproquement : Si
,
. On a ainsi
, puis
, et donc
qui est donc un nombre réel.
L'équivalence est maintenant démontrée.
Exemple 2. Montrer que :
si et seulement
ou
.
Sens direct : En développant l'expression, on trouve
, et donc
ou
.
Réciproquement : En remplaçant
et
par 0 dans l'expression, on vérifie que les deux membres valent tous les deux zéro, d'où l'égalité.
L'équivalence est maintenant démontrée.
Raisonnement par contraposition
On a vu, dans le paragraphe précédent
Contraposée et réciproque
, qu'une implication et sa contraposée sont équivalentes.
Règle 3. Pour démontrer une implication, il suffit de démontrer sa contraposée.
En d'autres termes, pour démontrer une implication, on peut le faire soit directement, soit en démontrant sa contraposée.
En effet, la propriété contraposée peut être sensiblement plus facile à démontrer que la propriété elle-même,
comme le montre le cas suivant.
Exemples.
- Pour démontrer que l'implication portant sur des nombres réels :
et
est vraie,
il est équivalent, et beaucoup plus simple, de vérifier que la contraposée :
ou
est vraie, ce qui est évident.
- Démontrer la proposition :
,
impair
impair.
Pour démontrer cette implication, il est plus simple de démontrer la contraposée :
,
pair
pair.
Ce qui ne présente aucune difficulté. Si
est pair, il existe
tel que
. On obtient
donc le nombre
est pair.
Exercice 1.
Démontrer la proposition : Soit
Exercice 2.
Démontrer la proposition :
, [ si
n'est pas divisible par 8, alors
est pair].
Méthode par exhaustion
Un raisonnement par disjonction des cas vise à établir le même résultat dans tous les cas rencontrés.
Il existe une autre catégorie de problèmes où l'on traite les diverses situations se produisant, mais qui conduisent à des réponses non nécessairement identiques.
Dans ce cas, on parlera plutôt de méthode par exhaustion ou méthode exhaustive.
Exemple.
Trois frères Alfred, Bernard et Claude ont des crayons de couleur différente bleu, rouge et vert.
De plus, les assertions suivantes sont vraies :
- Si le crayon d'Alfred est vert, alors le crayon de Bernard est bleu.
- Si le crayon d'Alfred est bleu, alors le crayon de Bernard est rouge.
- Si le crayon de Bernard n'est pas vert, alors le crayon de Claude est bleu.
- Si le crayon de Claude est rouge, alors le crayon d'Alfred est bleu.
Que peut-on conclure sur la couleur respective des crayons d'Alfred, Bernard et Claude? Y a-t-il plusieurs possibilités ?
Aide. Faites l'hypothèse que le crayon d'Alfred est vert et voyez ce qu'on peut en déduire. Si vous en déduisez que le crayon d'un autre est à la fois de deux couleurs différentes ou que deux des frères ont des crayons de même couleur, c'est que cela n'est pas possible. Faites alors une autre hypothèse.
Solution. Le crayon d'Alfred est rouge, celui de Bernard est vert et celui de Claude est bleu.
Exercice. Un scénario de Lewis Caroll
Considérons le problème suivant sachant que
chacune des assertions
suivantes est vraie :
- Ou le malfaiteur est venu en voiture, ou le témoin s'est trompé ;
- Si le malfaiteur a un complice, alors il est venu en voiture ;
- Le malfaiteur n'avait pas de complice et n'avait pas la clé ou bien le malfaiteur avait un complice et avait la clé ;
- Le malfaiteur avait la clé.
Que peut-on en conclure ? Si on remplace la dernière par le malfaiteur n'avait pas la clé, peut-on conclure ?
Raisonnement par analyse-synthèse
Le raisonnement par analyse-synthèse s'utilise souvent dans la
recherche d'un ensemble d'éléments vérifiant une propriété
. On l'utilise également lorsqu'on ne fait pas de raisonnement par équivalence,
dans le but d'arriver au même résultat.
Le principe est le suivant:
- Dans la partie analyse, on cherche les conditions nécessaires
que doivent vérifier les éléments satisfaisant
.
- Dans la partie synthèse, on s'assure que les éléments satisfaisant les conditions nécessaires obtenues dans la partie analyse vérifient bien
.
Exemple.
Démontrer qu'il existe un unique couple
de fonctions définies sur
à valeur dans
vérifiant les conditions :
-
est une fonction paire (Rappel :
est paire si
)
-
est une fonction impaire (Rappel :
est impaire si
)
-
Analyse : On suppose qu'un tel couple existe. Alors, pour tout , on a :
En résolvant le système , on obtient les (uniques) solutions :
et
Synthèse : Il reste à vérifier que ces solutions vérifient bien les trois conditions imposées: paire, impaire et , ce qui ne présente aucune difficulté et que nous laissons à faire au lecteur.
Conclusion : On a ainsi trouvé un couple (), avec paire et impaire et vérifiant et ce couple est unique.
Raisonnement par récurrence
Récurrence double
Parfois l'hérédité se démontre non pas uniquement par rapport au rang précédent, mais par rapport aux deux précédents.
On parle alors de récurrence double. La démarche doit alors être légèrement modifiée.
On souhaite démontrer une assertion
pour des entiers naturels
supérieurs à un entier naturel
.
Règle:
- Initialisation en
, on montre que
et
sont vraies.
- On montre ensuite que
l'assertion : [
et
, est vraie pour
.
L'assertion
est alors héréditaire pour
.
- Conclusion: par le principe de récurrence, on a montré que
est vraie, pour tout entier
.
Exemple.
On considère la suite dite de "Fibonacci", définie par :
et
Montrer que l'inégalité suivante est vraie :
- Les deux inégalités suivantes sont vraies : , et .
- Soit , vérifiant les deux inégalités :
et .
Alors :
- Par le principe de récurrence, le résultat est ainsi démontré, pour tout dans
Exercice.
Soit
, tel que
.
- Montrer par une récurrence double que,
- Question annexe : trouver un réel
, non entier, vérifiant l'hypothèse.
Bibliographie
- F. Liret et D. Martinais, Mathématiques pour le DEUG,
Algèbre 1ère Année (Dunod), chapitre 1
- A. Auzimour et F. Petit, Travaux dirigés
d'algèbre (Vuibert)
- A. Denmat et F. Héaulme, Algèbre générale (Dunod), td 1